Mes romans

« Le deuil de mon Soleil » : une suite à part entière

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« Le deuil de mon soleil », suite directe de mon premier roman de collégienne « La spirale de l’amour », est le roman qui m’a transportée à bien des niveaux.

On y retrouve cette fois-ci Anaïs, alias Nini, la petite-soeur de Lucas. Depuis le départ de son frère pour Los Angeles où il coule des jours paisibles d’écrivain renommé, Nini est perdue. Elle tente tant bien que mal de survivre sans lui. Mais lorsque celui-ci revient vers elle à la suite d’un violent problème conjugal, qu’elle rencontre Aaron, un homme bourré de mystères, et qu’elle se voit confrontée à une perte énorme, la vie d’Anaïs change du tout au tout. Elle va s’embarquer dans une aventure qui enfin lui montrera l’importance qu’a son frère dans sa vie…

Je préfère prévenir, ce livre fait pleurer dans les chaumières. Je ne me suis pas embarquée là-dedans pour répandre la joie et la bonne humeur. Mon but était de tisser entre Lucas et Anaïs une complicité fraternelle que nul ne saurait égaler.

Je me souviens avoir écrit ce roman en m’imprégnant complètement du personnage. J’étais Anaïs, j’aimais Lucas, et je ne voyais que par lui. Je n’ai pas caressé les cheveux de mes personnages en leur susurrant des mots doux, ils ont bien morflé ! Mais j’étais fière, à la fin, d’avoir créée une relation si particulière, un lien si unique et invincible entre deux êtres du même sang. Et même si mes doigt ont frétillé d’insouciance en faisant tomber Anaïs amoureuse de son professeur, ce n’était que secondaire dans le déroulement de l’histoire. Sans Lucas, rien ne va !

J’ai écrit cette histoire lorsque j’étais en seconde, une année où le mot « solitude » était bien trop faible  pour définir ce que je vivais au quotidien. Je ne savais pas où j’allais, pourquoi je me levais chaque matin, j’avais peu d’amis, je détestais l’école… J’avais même supplié ma mère, un matin, de me laisser rester à la maison, en pleurs. J’avais peur de tout, de rien, de vivre. Ecrire l’histoire d’Anaïs et Lucas m’a offert, le temps de quelques semaines, ce dont j’avais besoin : un frère, qui m’aimerait, m’écouterait, me défendrait. Je vivais à travers mes mots, ces vies que j’inventais et dans lesquelles j’avais l’impression de m’incruster sans droit. En terminant ce roman j’ai réussi à faire ce que Nini s’est vu contrainte d’accepter : laisser partir ce frère, qui pour ma part n’existait pas. C’est bizarre, vous trouvez ? Je sais, ce n’est pas la période la plus « normale » que j’ai connu, mais c’est grâce à cela qu’une fois de plus, je me suis activée sur mon clavier avec hargne et que j’ai écrit un roman dont je suis fière.

Je sais qu’il y a très peu de chance qu’il soit publié un jour. Je n’ai aucune – AUCUNE – envie de publier le premier tome dont il est la suite. Alors, je peux de suite oublier… Je ne me vois pas proposer à des lecteurs un livre dont la première partie est introuvable. Même s’il n’y a rien d’insurmontable à cela, j’y reprends tout de même les ficelles du premier tome (les dons paranormaux des personnages, par exemple), et il me semblerait saugrenu de laisser le lecteur se débrouiller avec ça ! J’ai pensé à le mettre en ligne gratuitement, avec un bref résumé du premier tome pour bien comprendre les détails. Je le ferai même certainement, mais après une correction minutieuse, il va sans dire !

« – Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé, Anaïs ? Voyons, c’est le genre de choses qu’un frère doit savoir !

– Il y avait Jimmy.

-Pardon ?

-Jimmy, je lui ai dit, à lui. Il m’a consolée. C’est grâce à lui que j’arrivais à ne pas craquer.

Surpris, Lucas se redresse un peu, les yeux grands ouverts. Je sais que ce n’était pas super de lui faire comprendre que Jimmy était là, à mes côtés, lui ! Mais je ne regrette pas.

-Tu m’en veux d’être parti ?

-Je suis vraiment en retard, pour le coup.

-Nini, je t’en prie, me supplie-t-il carrément.

Il a l’air de tenir à cette discussion. Pourtant, il est bien trop tôt pour moi et mes pauvres neurones. Une discussion si importante mérite mieux que ça : devant mon lycée, par un froid effrayant, à huit heures du matin.

-Oui, je t’en veux.

-Mais pourquoi ? se choque Lucas.

-Tu n’étais pas là, c’est suffisant. Toutes les fois où j’aurais eu besoin de ta présence, tu étais à Los Angeles, à vivre ta vie, avec ta gentille femme, ton gentil boulot, ton gentil train-train. Que voulais-tu que je fasse ? Que je te dise que tu devais nous faire passer avant, quitte à saboter ton bonheur ?

-Mais…Tu me manquais, toi aussi. Plus que tout. Je pensais que tu t’en sortais, même si je savais très bien que je te manquais énormément. Si tu ne te sentais pas bien, mon bonheur aurait été saboté de toute manière !

Je soupire. Tous ces discours ne servent à rien maintenant qu’il est revenu, si ce n’est à créer des conflits sur notre inaptitude à communiquer lorsqu’il le faut.

-Maintenant que tu es revenu, il n’y a plus de problème. Ce n’est pas la peine de philosopher là-dessus à présent.

-Mais Anaïs… tu m’as remplacé… par Jimmy ?

-Non, j’ai juste été près de lui lorsque je ne pouvais pas être près de toi.

-C’est bien ce que je dis ! s’emporte Lucas.

-Arrête un peu. Je t’aime, frérot, mais cette discussion s’arrête là, d’accord ? »

« -Personne d’autre ne sait ce que tu penses…, murmuré-je pour moi-même.

Son énigme me revient tout à coup en tête. Je l’avais complètement oubliée !

Mon premier est l’activité préférée de ton frère. Mon second est ce qui occupe l’espace le plus privé de la Terre. Mon tout est mon secret !

Mon frère adore lire. Les pensées sont les seules choses privées qui nous appartiennent.

-L’esprit est l’espace le plus privé de la Terre.

-Pardon ?

-Ton énigme, m’illuminais-je. Et ce qui occupe l’esprit, ce sont nos pensées !

Elle ne répond pas, attendant sûrement que ma petite admiration dégonfle.

-Tu lis dans les pensées…

-Tu vois, tu as de quoi dire que tu es intelligente, me dit-elle d’un ton affectueux qui sonne faux.

-Vous avez tous les deux un don. Mon frère et toi. Tu le sais, non ?

-Oui, Lucas voit l’avenir.

-On nage en plein délire, soupirais-je. »

Autant vous dire qu’en lisant Twilight pour la première fois après cela, j’avais une sacrée haine. Moi qui me pensais très originale avec mes histoires de dons 😉 La seule différence réside certainement dans l’origine de ces dons : non, mes personnages ne sont pas des vampires, et oui, il y a eu une explication à tout cela…

« -Vous vous souvenez de moi, la « vendeuse » du magasin de photographies ?

Il hausse les sourcils, croise les bras, et s’appuie contre son bureau.

Son regard, d’un vert foncé totalement hypnotisant, me toise avec surprise. Malgré le fait que je sois intimidée par un professeur paraissant si jeune, et si fascinant que je ne peux m’empêcher de le fixer, je parviens à soutenir l’œillade qu’il me lance.

-Je pensais plutôt que ce serait toi qui ne te souviendrais pas de moi !

-Toute vendeuse se souvient de ses clients, lâchais-je, gênée.

Ce qui est évidemment un mensonge. Il y a bien une trentaine de personne qui est venue plusieurs fois à la boutique, et pourtant, je serais incapable de les reconnaître dans la rue.

-J’ai cru deviner que ce travail te posait pas mal de soucis.

-Ah oui ?

-Quand je suis arrivé, tu étais en train de te disputer avec ta collègue. Je l’ai comme élève, d’ailleurs. Elle n’est pas terrible en maths.

-Quel humain normalement constitué pourrait comprendre quelque chose aux maths ? plaisantais-je.

Je me maudis immédiatement d’avoir dit ça. Je prends trop vite mes aises pour quelqu’un qui avait peur il y a à peine quelques secondes !

-Tu es la première élève qui ose me le dire, me répond-il en souriant.

-Ravie d’inaugurer la vérité !

-Tu es venue me voir seulement pour savoir si je me souvenais de toi ?

-Non, en fait…

Je soupire. Comment vais-je relancer la conversation, maintenant ? Si je lui dis que je n’ai aucune raison de m’être permise de lui rendre une petite visite, il va me prendre pour une abrutie faisant du gringue à un enseignant. Ce ne sont normalement que les filles libertines qui font ça. Je persiste dans mon idée, peut-être Cynthia a-t-elle raison. Je trouve sans doute que je suis différente des autres parce que je fais des choses que je ne devrais pas.

-Je n’ai aucune excuse pour être venue ici. Et j’ai cours, pour tout vous dire. Du sport.

Une nouvelle fois, il me lance un regard surpris, que je n’arrive cette fois-ci pas à soutenir. Quelque chose de brillant étincelle dans ses yeux, ce qui les rend tellement beaux que je n’ose pas leur faire l’affront de plonger les miens dedans. »

Aaron, beau professeur de mathématiques de 22 ans… Je n’étais pas allée chercher bien loin et j’avais pris tout de même un grand plaisir à le faire tomber amoureux d’Anaïs et réciproquement. Sans le savoir, Anaïs rencontre le nœud de sa vie, celui qui a fait de son existence ce qu’elle est. Leur histoire d’amour n’est pas dépourvue de sens et permettra même à Anaïs de se lancer dans une quête nécessaire. Douloureuse, affreuse, mais nécessaire…

J’ai écrit ce roman d’une traite, en quelques semaines. Tous les soirs, en rentrant des cours, je torchais vite fait mes devoirs et je me replongeais dès que possible dans la peau d’Anaïs pour y retrouver Lucas et cette vie imaginaire, une vie dans laquelle ils ne peuvent avancer l’un sans l’autre. Comme je l’ai déjà dit dans mon précédent article concernant le premier tome, Lucas est un personnage que je n’oublierai jamais.

Et vous, avez-vous un personnage « chouchou », que vous n’oublierez pas de sitôt ?

©Manon Grelha

Source image : ici.

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