Être écrivain·Humeurs

Comment gérer les critiques de nos lecteurs ?

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La critique est sans doute la plus grosse crainte de l’écrivain. En tout cas, c’est la mienne. J’avoue redouter les avis négatifs, les critiques concernant mes romans, mes écrits, mon talent, si tant est qu’il est existe.

C’est humain. Quand on se donne, quand on fait quelque chose avec amour, avec passion, et qu’on y consacre du temps et de l’énergie, on espère au moins que cela plaira aux autres. J’ai déjà tenu plusieurs blogs, et je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pu recevoir des commentaires désagréables (voire trouver des saletés à mon égard sur des réseaux sociaux), le plus virulent ayant été : « C’est de la merde ce qu’elle écrit ».

J’ai beau être une grande personne et m’être endurcie au fil des années, je ne vais pas le cacher : dans un monde idéal, j’aimerais que mes écrits plaisent à tout le monde ! Dans le monde réel, je sais pertinemment que c’est impossible. Le tout, c’est de l’accepter, d’apprendre à vivre avec.

L’écriture est un art au même titre que la musique, la danse, la peinture… Et comme tout art, elle revête une subjectivité contre laquelle nous sommes impuissants. On ne peut pas infiltrer l’esprit de quelqu’un et le forcer à aimer un tableau, une chanson ! Pourquoi cela serait-il différent pour un livre ?

Voici mes conseils pour passer au dessus, voire tirer profit des critiques que l’on peut recevoir quand on livre aux autres notre travail, notre passion.

  1. Comme je l’ai dit, quand vous n’aimez pas une chanson, vous ne pouvez pas vous forcer à l’aimer. Il faut se mettre en tête que pour la lecture, c’est pareil. Cela s’appelle les goûts ! Je n’aime pas les endives, ce n’est pas pour ça que j’aimerais les faire disparaître des magasins, empêcher les autres d’en manger, ni les insulter (quelle idée d’insulter une endive, elle ne m’a rien fait !)… Ce n’est pas personnel. Ils n’ont rien contre nous !
  2. Dans le cas de critiques virulentes à base de méchancetés et d’insultes, une seule chose à faire : laissez couler ! C’est plus facile à dire qu’à faire. Je sais qu’il est fort probable que les nerfs lâchent et que vous ayez envie de dire ces quatre vérités à cette personne. Mais ça ne servira à rien : les gens irrespectueux n’arrêteront pas de l’être en comprenant qu’ils nous ont blessés. Malheureusement, la plupart du temps, c’est dans leur caractère. Laissons-les se dépatouiller dans leur impolitesse, voulez-vous ? 😉
  3. Il faut savoir accepter les critiques constructives. J’entends par critique constructive une critique tourné poliment, non destinée à embêter la personne visée, et surtout, utile à notre progression ! J’ai fait lire à une collègue les premiers jets de mon roman. Elle n’était pas tendre mais je la savais fidèle lectrice de nombreux livres à succès : il fallait bien que j’affronte ce qu’elle avait à me dire ! Eh bien, ça n’a pas loupé : j’ai eu droit à beaucoup de critiques. J’ai été peinée pendant quelques jours, je l’avoue… Puis, miracle, j’ai pris du temps pour améliorer les points qu’elle avait abordé. Et ça rendait bien mieux ! Grâce à elle, j’ai produit un texte de meilleure qualité. Elle m’avait dit que je faisais trop de comparaisons, de métaphores et que je donnais des détails inutiles dont on se fichait. OUILLE, hein ? Je ne peux que la remercier… J’ai travaillé là-dessus et le résultat est bien plus fluide et plus agréable à lire qu’au début. Cela n’aura pas servi à rien de passer au dessus de ma susceptibilité et de m’intéresser à ses remarques. 😉
  4. Concentrez-vous sur les bons retours. Les critiques constructives nous sont utiles pour la suite, certes ! Mais chaque bon retour est à accueillir avec joie. Une personne qui aime vos écrits, c’est déjà beaucoup ! C’est un être à part entière ! On ne peut pas plaire à tout le monde, mais on plaît rarement à personne. Relisez les bons retours autant de fois que nécessaire, répondez si possible aux personnes qui vous font des compliments, engagez la discussion. Cela vous fera vite oublier vos autres tracas 🙂
  5. Mettez-vous à la place des autres. Je l’ai déjà abordé plus haut, mais c’est un point important. Vous êtes un artiste, mais vous êtes aussi un humain comme un autre, qui achète des romans, écoute de la musique, lit des blogs, ou que sais-je encore ! Aimez-vous tout ce qui vous tombe sous la main ? N’avez-vous pas vos préférences ? Quand vous n’aimez pas un livre, vous dites-vous le plus souvent « C’est une grosse daube, l’auteur est pourri », ou bien « Ce livre ne me correspond pas, ce n’est pas mon style, l’histoire ne me transporte pas… » ? Je suis sûre que vous pensez de la seconde manière. Ce n’est pas un manque de respect de ne pas apprécier quelque chose ! Le manque de respect se situera toujours dans les mots employés, la manière de dire les choses. Alors, rassurez-vous : les gens qui n’apprécient pas votre oeuvre vous respectent malgré leurs critiques, autant que vous respectez (par exemple) l’auteur d’un livre que vous n’avez pas apprécié. Et surtout : ils ont le droit de ne pas aimer, ils n’y peuvent rien, ils ne le contrôlent pas, tout comme vous !
  6. Si une critique en particulier vous a vraiment blessé, je comprends. Cela arrive à tout le monde. Mais ne restez pas focalisé dessus, ne vous la passez pas en boucle pendant des heures ! Passez à autre chose, tant pis, ça arrive ! Prenez un bain (pas très écolo, je suis d’accord, pardon !), regardez une série que vous adorez, détendez-vous, passez du temps avec vos proches…. Changez-vous les idées. Comme pour tout, il faut savoir rebondir. La personne qui vous écrit une critique n’aimerait certainement pas vous savoir tout tristounet à cause de son opinion. Et si votre peine la réjouit (on ne sait jamais, avec les personnes bizarres qui traînent ! lol), raison de plus pour l’oublier, histoire de l’embêter !
  7. Aimez-vous ! Ce sera mon dernier conseil. Avoir confiance en soi est l’arme fatale pour se défendre de la négativité. Je ne vous apprends sûrement rien. Si vous êtes sûr et certain d’être un bon à rien (c’est faux !), vous n’en serez que plus abattu à la première remarque négative, même constructive. Si vous n’aimez pas ce que vous faites, si vous vous pensez incapable de faire quelque chose de bien… Malheureusement, vous souffrirez toute votre vie. Vous ne plairez pas à tout le monde, JAMAIS, et ce n’est pas un drame ! J’ai mis très longtemps à m’habituer à cette manière de penser. J’ai encore des mauvaises périodes, où je me sens nulle et bête. Mais j’ai compris que je n’étais qu’une humaine, avec des passions, plutôt sympathique de surcroît : je mérite d’être bienveillante avec moi-même. Et vous le méritez aussi !

Je sais, encore une fois, qu’il est plus facile d’écrire un article là-dessus que de mettre cela en pratique en face d’une critique. Je vous rassure, je l’ai déjà vécu et je comprends parfaitement. Mais j’espère pouvoir vous rendre ce mauvais moment plus supportable grâce à mes petits conseils.

N’oubliez pas que même les plus grands n’ont jamais fait l’unanimité ! Alors, ne laissez pas les critiques vous empêcher de grandir. Elles ne sont pas là pour ça.

Comment gérez-vous les critiques ? Avez-vous d’autres conseils à ajouter ?

©Manon Grelha

Crédit photo : Bodyssime

3 réflexions au sujet de « Comment gérer les critiques de nos lecteurs ? »

  1. Étrangement je n’ai pas trop de problèmes avec ça. Je crois qu’il y a deux raisons principales : un j’écris pour moi, je suis moins dans une optique de partage que toi, donc peut-être que les avis négatifs me touchent mois ; deux jusque-là les personnes qui m’ont donné des critiques négatives sur ce que je faisais l’ont fait avec de la gentillesse et de la bienveillance, donc tout vas bien dans le meilleur des mondes !

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  2. Moi, je suis sensible aux critiques, c’est sans doute pour cela que j’ai tant de mal à mettre à l’extérieur d’une manière ou d’une autre mes écrits. Mais je crois que ça dépend vraiment de la manière dont les critiques sont formulées. Quand j’étais toute jeune, que j’écrivais des chansons, j’ai présenté mon travail à quelqu’un qui était pour moi un maître en la matière. Il m’a regardé et m’a dit :  » Mouais à 26 ans Brassens écrivait de la merde ! « …Bon, certes, il m’a fallu quelques minutes pour avaler la pilule et puis je suis repartie dans ma petite voiture de l’époque avec la rage au ventre de vouloir écrire mieux…j’ai travaillé, travaillé et je crois que j’ai vraiment amélioré mes textes grâce a ses paroles. Mais cet homme avait une forme de bienveillance malgré ses propos. Il me secouait juste… C’est ce qui fait toute la différence pour moi !

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