Être écrivain·Mes romans

La correction de mon roman (+mes conseils)

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Crédit image : LivingWisdom

Quand j’ai mis le point final à mon prochain roman, « Ma boule de Neige », je n’imaginais pas que j’avais fait le plus simple. Une tâche d’envergure m’attendait : la correction.

Il y a deux dimensions à apporter à une correction : le fond et la forme.

Le fond : l’histoire, ses incohérences, les améliorations à apporter à notre récit, les personnages à approfondir, des passages à étayer ou à couper…

La forme : les mots utilisés, l’orthographe, la syntaxe, la ponctuation, la conjugaison, la grammaire et tout le toutim.

Les correcteurs orthographiques intégrés à nos logiciels de traitement de texte ne remplaceront jamais une correction humaine et pointue.

Je vais vous expliquer dans quel ordre j’ai procédé, et ainsi, j’espère pouvoir vous aider et vous livrer quelques conseils.

  1. Première correction : elle m’a servie à repasser tout mon texte au passé. Quelques années auparavant, je l’avais commencé au présent, et j’ai finalement décidé il y a cinq mois que le temps du passé était plus adapté. J’ai mis plusieurs jours à finir, mais ça en valait largement la peine !
  2. Deuxième correction : je m’étais trompée dans les tirets qui introduisent les répliques des personnages. J’avais utilisé un tiret « normal » (le tiret du 6 -). Or, je me suis renseignée sur les normes en vigueur, et il s’avère que ce n’était pas bon (pas bon du tout, voire sacrilège !). En effet, pour introduire des dialogues, il est d’usage d’utiliser des cadratins (— celui-ci, si je ne me trompe pas). Alors, autant vous dire que je me suis amusée à repasser sur tous mes dialogues pour corriger cela… Quand ça a été terminé, j’ai poussé un gros « ouf » de soulagement ! J’aurais pu corriger ce souci en même temps que je mettais les premiers chapitres au passé… Mais je préfère me concentrer sur un problème à la fois, afin d’éviter les oublis, d’optimiser ma concentration sur un détail précis.
  3. La troisième correction : tout bêtement, j’ai corrigé les fautes que je trouvais, les phrases mal tournées, les erreurs d’accord, etc… Chaque fois que je tombais sur un passage qui ne me convenait pas, je le réécrivais dans un cahier, je raturais, j’essayais plusieurs tournures de phrases, jusqu’à être pleinement satisfaite du résultat ! C’est un conseil que je vous donne car il marche très bien sur moi : l’ordinateur, c’est très bien, mais écrire sur papier amène parfois une inspiration et un point de vue différents et bons à prendre !
  4. Quatrième correction : Elle était axée sur l’histoire en elle-même. Entre temps, j’avais fait lire le début de mon roman à une collègue qui a pu déceler une incohérence sur laquelle j’étais passée plusieurs fois sans ne rien remarquer ! D’où l’importance, j’insiste, de ne pas être notre propre et unique correcteur ! J’ai donc corrigé les incohérences, ajouté et supprimé certains dialogues pour améliorer l’histoire et le récit.
  5. Mais elle a relu son roman combien de fois, celle-là ? Mon dieu, si vous saviez 😉 La cinquième correction a été éprouvante : j’ai effacé beaucoup de passages. En effet, j’en étais rendue à un roman de plus de 400 pages et je trouvais que c’était trop par rapport à l’histoire racontée. Mon histoire souffrait à mon sens de beaucoup de longueurs, de détails inutiles, de monologues interminables… Et j’ai dû m’accrocher pour supprimer ce que j’avais écrit à la sueur de mon petit cœur tout mou ! C’est un mauvais moment à passer, mais il est nécessaire. J’en reparlerai plus en détail dans un autre article.
  6. Une fois que j’ai fait tout cela, j’ai envoyé mon roman à ma correctrice. Cela ne servait à rien de lui envoyer trop rapidement, si je n’étais pas sûre d’en être arrivée à bout. A quoi cela aurait-il servi qu’elle corrige des passages que j’allais effacer par la suite ? Quelle était l’utilité de lui faire corriger un premier jet dont j’allais peut-être modifié beaucoup de choses, et qui auraient donc besoin d’une seconde correction ? La version que je lui ai envoyé avait déjà nécessité de ma part deux mois de correction personnelle. Je me sentais prête à lui envoyer. Attention, vraiment, à ne pas vouloir trop presser les choses…
  7. Et ENFIN ! Une fois que ma correctrice m’a rendu mon roman corrigé, j’ai pu entamer la phase décisive de la correction. La dernière relecture. Il est toujours tentant, quand on repasse sur un chapitre, de corriger, rajouter des phrases, en enlever, tout modifier, bref, de remettre le bazar derrière la femme de ménage ! 😀 STOP ! C’est tentant, mais si on ne fait pas un effort pour se dire « C’est très bien comme ça », on y passera nos dix prochaines années et notre roman ne ressemblera plus à rien (ce n’est que mon opinion). Pour m’interdire de repasser encore dix fois dessus, j’ai trouvé une astuce.correctionSi j’estime que le chapitre n’est pas parfait, alors je n’écris pas « Ok, terminé » tant qu’il ne me convient pas. Mais à partir du moment où j’écris que c’est terminé, eh bien c’est terminé ! Une quelconque correction supplémentaire ne serait qu’une sorte de gourmandise, de pulsion… Et ça m’aide également à savoir où j’en suis, c’est toujours pratique !
  8. J’AI ENFIN FINI ! Et là, je me sens… Comment dire ?
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Je n’ai pas pu résister, pardon pardon ! 😉

   Je me demande ce qui m’a demandé le plus d’efforts : écrire mon livre, ou le corriger… Eh bien, ça doit se valoir ! Ce sont deux approches différentes du métier d’écrivain, et pourtant, à moins d’être une grande star du monde littéraire, on doit y passer ! Après, je ne saurais que trop vous conseiller de savoir prendre du recul pour mieux corriger votre livre, à froid. En effet, il m’est arrivé de rester quelques jours sans y toucher pour m’aérer l’esprit et être plus efficace. Rester le nez dans notre roman à traquer le moindre défaut, sans répit, est une très mauvaise idée. D’ailleurs, pendant que ma correctrice s’affairait (elle a mis une vingtaine de jours), je me suis promis de ne pas ouvrir le fichier de mon roman, et j’ai tenu bon ! Je me suis concentrée sur ma promotion, mon blog, mes lectures… Et, le retrouver après cette prise de distance ne rend ma dernière correction que plus intéressante et plus posée.

   Pour ce qui est de trouver un correcteur, ça n’a pas été facile. Par exemple, un site proposait, au delà de 100.000 mots, une facturation de 1,20€ les 100 mots. Sachant qu’il y a 400.000 mots dans mon roman… J’atteignais le tarif exorbitant de 4000€ et des poussières. Autant vous dire que j’ai vite cliqué sur la croix rouge en haut à droite ! J’ai trouvé d’autres tarifs, plus intéressants, mais toujours trop élevés pour moi (de l’ordre de 1000€ minimum).

   Je me suis donc rabattue sur mon vieil ami Facebook, en mode chasseuse de têtes. J’ai précisé, dans mon annonce, le travail demandé, le tarif (ferme) et une connaissance impeccable de la langue française (élémentaire mon cher Watson !). Mes contacts ont partagé mon statut, et coup de chance, cela a porté ses fruits. J’ai bien quelques amis bons en orthographe qui se sont proposés, et leur aide n’est pas à rejeter en tant que lecteurs-tests, mais je pense vraiment qu’il vaut mieux engager une personne qualifiée, tant qu’on peut, et tant qu’on la trouve ! Vous payez le temps qu’elle y passera, mais également ses connaissances et la formation qu’elle a derrière elle. Dans mon cas, c’est la sœur d’un ami, diplômée d’un master en sciences du langage et ayant déjà corrigé deux romans, qui s’est proposée. Et elle a fait un très bon travail ! Je n’ai pas eu besoin de revendre ma voiture, mes chats, mon four et mon rein pour bénéficier d’une correction convenable. 🙂

   C’est tout pour moi !

   Je vous souhaite une bonne journée et merci d’avoir lu cet article long comme le bras 😉

©Manon Grelha

Crédit gif : Tenor

7 réflexions au sujet de « La correction de mon roman (+mes conseils) »

  1. Pour les tirets (et tous problèmes de ce genre) petite astuce : dans Word tu vas en haut à droite, dans l’onglet « accueil » je crois, le premier avec les changements de police et les trucs comme ça. Y’a un machin qui s’appelle « remplacer ». Une fenêtre s’ouvre avec « rechercher » et « remplacer ». Dans rechercher tu mettais le – et dans le remplacer le —. Evidemment le problème là c’était pour les mots avec tiret d’union qui auraient aussi été remplacé. SAUF si dans le « rechercher » tu inclus l’espace. Tu ne tapes donc pas « – » mais « –  » et comme ça seuls les traits de dialogue auraient été remplacé, tous à la fois, en 10 secondes ! 🙂

    Comment peut-on atteindre les 400 000 mots ! Mon premier est même pas à 50 000 x)

    Je vais te dire comment moi j’ai fait pour la correction (et fais actuellement) et tu vas t’étouffer de tant de ce que d’aucuns pourraient appeler bâclage, ou pédance, ou non sérieux, m’enfin c’est comme ça que je fais x) Donc. Déjà j’écris à intervalles assez éloignés (mon premier roman j’ai écrit la plupart de mes chapitres à une semaine d’intervalle, pour le roman sur lequel je suis là la moyenne doit être plus élevée) et ce naturellement parce que pendant l’intervalle, comme je n’ai pas de plan, je pense à ce que je vais écrire, j’imagine les scènes, et la plupart du temps, ô miracle, un truc que j’ai lancé juste comme ça je peux m’en servir pour raccrocher les wagons (comme quoi ça a du bon de faire confiance à son inconscient – même si c’est un voyou) (et c’est aussi pour ça que je dis que l’écriture c’est de moi à moi, parce que mon inconscient et moi on discute et souvent on s’entend quand même vachement bien – même si c’est un voyou). Donc je pense je pense je pense et quand je me sens tout bien prête, que j’ai bien réfléchi, que je me suis bien expliquée à moi-même où je voulais aller en parlant à voix haute (là c’est mieux d’être tout seul chez soi pour pas être dérangé par des gens inquiets de votre santé mentale xD), j’écris j’écris j’écris. Généralement 2-3h (sachant que comme je n’ai pas de plan, rien prévu, je suis en recherche parfois de vocabulaire, du nom d’un objet, ou de savoir si dans le siècle duquel je m’inspire telle chose existait, etc., donc je perds un peu de temps sur l’écriture en recherche). Quand c’est fini c’est fini. Je ferme et je pense. Quand je pense j’ai des idées sur le chapitre que je viens d’écrire, des trucs que j’avais prévu dans ma caboche et que j’ai pas écrit (faire confiance à son inconscient, oui, mais comme c’est un voyou, pas trop non plus xD), et ce que je vais écrire après. Quand je réouvre je relie ce que j’ai écrit avant, je rajoute les trucs que j’avais oublié, je corrige les fautes, je lis à voix hautes pour vérifier les sonorités, et je commence à écrire la suite. Et ainsi de suite jusqu’à la fin. Parfois je dois vérifier des choses (des orthographes de noms, voire carrément des noms puisque des trucs me viennent pendant que j’écris mais que je retiens pas forcément = la fille qui ne connaît même pas son propre roman xD (cela dit quand une correctrice m’a renvoyé sa fiche avec le corrigé et que je suis retombée sur certains passages je me suis dit « ah ? j’ai écrit ça, moi ? Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? » xD Mais je l’ai pas enlevé… bref, c’est pas le sujet)) plus haut, là je retombe sur des fautes que je corrige. Mais une fois que j’ai fini d’écrire, comme je me fais plutôt confiance (mes bêta-lectrices n’ont pas repéré d’incohérences donc tout va bien dans le meilleur des mondes) sur le scénario et sa logique (comme je pars avec un fil rouge, je sais ce que je veux raconter, donc je raccroche les wagons), je m’en tiens là. J’envoie à mes bêta-lectrices. Donc je relis pas 50 ans comme toi, haha x) Mais EN PLUS quand elles m’envoient la fiche de correction je triche. Je triche parce que je relis pas tout au début, j’utilise l’encart de recherche de Word pour retrouver les phrases ou les passages incriminés, je corrige et hop c’est dans la boîte !

    Je sais, je sais, on peut dire que je me foule pas… Cela dit je fais confiance à mes bêta-lectrices et à ce que j’ai écrit et puis de toute façon je ne tiens pas tellement à être publiée (j’ai vite abandonné quand j’ai vu que les maisons d’édition avaient fermés les envois je n’ai pas attendu qu’elles les rouvrent pour leur envoyer, quand j’ai vu qu’il fallait mettre son adresse sur Mon Best Seller, pour les raisons que je t’ai évoqué, j’ai laissé tombé, j’ai publié sur mon blog parce que je voulais tenter de le faire lire, mais je ne me suis pas lancée dans l’auto édition) dans le sens où, encore une fois, l’écriture c’est d’abord de moi à moi, écrire me permet de libérer de la place dans ma tête pour penser à l’histoire suivante, développer d’autres réflexions, d’autres univers, etc. C’est aussi pour ça que je n’ai pas de mal à tuer mes personnages quand nécessaire ou que je ne me sens pas triste à l’idée de les quitter comme certain : je tire de mon monde ce dont j’ai besoin pour moi et pour ce que je veux raconter, ensuite c’est fini, je passe à autre chose. Si tu me demandais de raconter mon premier roman ben… je le ferais dans les grandes lignes, oui, mais tous les détails, le pourquoi du comment de plein de trucs, plusieurs scènes, je les ai plus en tête, je m’en souviens plus, je suis passée à autre chose.

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    1. En effet c’est très différent de moi ! lol
      Après dis-toi que mes anciens romans, que j’ai écrit entre 12 et 20 ans, je ne les ai pas relu ni corrigé, je les ai envoyé tels quels à quelques amis. Car justement je n’avais pas dans l’idée de me faire publier.
      Là mon but c’est de m’auto-éditer… Et l’auto-édition rebute beaucoup de monde à cause du côté « amateur » de la chose, donc je voulais que ça soit impeccable (en terme de fautes ou de cohérence, après impeccable ou pas ça ne plaira pas à tout le monde bien sûr !) pour atténuer cette appréhension de l’auto-édition. Je veux que quand on me lise on oublie que j’ai pas eu un éditeur avec les moyens qui vont avec pour m’épauler.

      Et puis ta méthode n’est pas mal non plus, ça a l’air de porter ses fruits ! au moins tu sais où tu vas et tu n’es jamais là devant ton ordinateur à chercher des idées qui ne viennent pas. C’est plutôt bon signe ! 😉

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      1. Oui, évidemment, quand on se publie c’est mieux de tout bien vérifier, et en fait tu es déjà passée dans une démarche de partage, où moi je suis restée dans la démarche « faire de la place ». J’en suis qu’à mon deuxième roman, mais j’ai déjà les idées du troisième qui se bousculent au portillon, et j’ai déjà mes personnages pour le quatrième, donc je ne peux pas passer 50 ans sur une correction, je suis obligée de faire de la place quand l’histoire est prête à être racontée (mais je ne me presse pas non plus pour finir, il ne s’agit pas de bâcler !).

        Nan, je ne cherche pas mes idées, elles sont là comme parfois je vais même jusqu’à imaginer les dialogues ! J’ai qu’à suivre ce que j’ai en tête et roule ma poule !

        Aimé par 1 personne

  2. Bonjour,
    Je suis tombée un peu par hasard sur ton facebook, puis ton blog. Je suis un peu dans le même cas que toi. C’est à dire la correction de mon roman que j’aimerai auto-publier.
    L’idée de passer par un professionnel m’a également tenté puis rebuté à cause du prix. C’est pour cela que j’aurais aimer savoir s’il était possible d’obtenir les coordonnées de ton correcteur.
    Merci d’avance
    Inès

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    1. Salut ! Donne moi ton adresse mail et je lui demanderai de te contacter si elle peut le faire. Ce n’est pas son métier officiel alors je préfère ne pas divulguer ses coordonnées comme ça 😉 mais je lui demanderai sans souci.

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