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Mon premier roman, écrit entre deux cours de français

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C’est en classe de cinquième que j’ai écrit mon premier roman. Depuis la primaire, je n’étais pas avare de poèmes, de petites chansons et de rédactions à rallonge en classe. Mais jamais je ne m’étais lancée dans l’écriture laborieuse d’un roman. Je m’en sentais même à peine capable.

Je suis partie d’une idée et d’une base simples : Lucas, un adolescent associable et timide, voit sa vie changer sur le parking d’un hypermarché, le jour où il est pris d’une vision foudroyante. J’avais bien sûr l’intention de glisser là-dedans une histoire d’amour gnangnan dont je rêvais d’être le personnage principal.

J’avais choisi comme premier titre « Deux crétins plus de l’amour ». Puis, ça m’a semblé un peu bête, et j’ai opté pour un titre non moins cliché : « La spirale de l’amour ». Je ne cherchais pas à faire dans l’original, ni à me démarquer. Je découvrais avec plaisir cette sensation de créer des vies entières, un univers, et de les faire s’épanouir comme je le souhaitais. Enfin, je n’étais plus prisonnière des consignes des devoirs, des limites de pages ! J’étais en transe devant mon ordinateur, mes parents se rappellent encore aujourd’hui comme ça leur faisait bizarre de m’entendre taper à toute allure sur le clavier. Ils se demandaient d’où je pouvais sortir toutes ces idées.

Mes doigts s’étaient enflammés sur le clavier dès les premières lignes. Plus les idées abracadabrantes affluaient, plus j’étais heureuse. Cette histoire n’avait pas besoin d’être plausible, j’avais juste envie de la vivre complètement, de la mener à terme.

Vous voulez une petite idée du speech, peut-être ?

Lucas vit avec une mère poule et une petite-sœur agaçante. Tous les jours, il se rend dans un lycée où il est entouré de gens qu’il ne comprend pas. Il y fait cependant la connaissance de Leona (qui se fait appeler Zorah), dont il tombe fou amoureux. Sa vie change lorsqu’il découvre par une vision étonnante qu’il a le don de voir l’avenir. Leona, elle aussi, semble lui cacher des aptitudes particulières…

C’est ainsi qu’au long de deux-cents cinquante pages, j’embarquai mon personnage dans un méli-mélo de surnaturel, de déclarations d’amour, de retournements de situations aberrants et de lourds secrets de famille. Et en plus, j’en étais fière !

Je savais que personne ne le lirait, qu’il ne serait jamais publié. Il n’était pas assez bon. J’écrivais avec tellement de passion que j’en oubliais de faire de belles phrases. Ce n’était pas grave, ce n’était pas le but. C’était le premier roman d’une longue liste. Il faut bien commencer quelque part !

Si c’était une certitude que je n’avais pas donné vie à un chef-d’oeuvre et que mon grand-père en faisait des compliments uniquement pour m’encourager, j’étais pourtant heureuse. J’étais en phase avec mes personnages, ça me suffisait. Je me sentais proche d’eux. Encore aujourd’hui, je repense souvent à Lucas. Il occupe une place particulière dans la liste de toutes ces vies que j’ai créées sur le papier. Il peut sembler étrange de s’attacher à des êtres sortis tout droit de notre imagination. On leur donne vie, puis on les suit dans leurs déboires et leurs joies… On les accompagne jusqu’au bout. C’est dans notre esprit seulement qu’ils continuent à exister. Et Lucas restera toujours, incontestablement, celui que j’ai préféré accompagner.

Voici quelques extraits :

« Je ne suis pas plongé dans l’amour, le vrai. J’ai bien vu des films où les héros s’aimaient à la folie, mais j’en ai vite conclu que c’était quasiment impossible que cela arrive dans la vraie vie (qui n’en est jamais arrivé à cette conclusion, d’ailleurs ?). Trop beau, trop rose, trop parfait pour être réel.

-L’amour, c’est aussi la tolérance. Quand on aime quelqu’un, c’est pour ce qu’il est, ses qualités et ses défauts. Et l’amour n’a rien de superficiel, le physique ne devrait pas être le critère principal de ceux qui le cherchent…

-Développe un peu ton idée, m’encourage la professeur.

Je déteste parler en public. Et là, je parle d’Amour ! L’amour, ce n’est certainement pas mon truc. Je suis du genre à en rêver plutôt qu’à le vivre, quand je ne m’en fiche pas tout simplement.

-Je pense que justement, on aime plus quelqu’un pour ses défauts que pour ses qualités…

-Et pourquoi ?

-Parce que les défauts pimentent une relation. Un couple où tout est parfait, c’est beaucoup trop superficiel.

-Et pourquoi ?

Elle a activé le mode répétition ou quoi ? Je ne sais pas pourquoi ! Ce que je dis, je le pense, mais je ne suis pas sûr de le ressentir, c’est ce qui me gêne le plus. J’aime parler de choses que je connais, où je suis sûr de ne pas dire de bêtises. Elle m’aurait demandé ce que je pensais de Cyrano de Bergerac, je lui aurais dit que son idéal d’indépendance me plaisait et que le personnage était quelqu’un d’admirable mais de beaucoup trop têtu pour n’avoir aucun problème. Là, elle me parle d’un domaine où je ne suis même pas débutant étant donné que je ne l’ai jamais connu – et ce n’est pas demain la veille que j’en prendrais connaissance.

-Je ne sais pas pourquoi…, lâchais-je. »

Garanti 100% authentique, j’ai fait un effort pour le laisser tel qu’il est réellement et ne rien corriger. C’est tellement étrange de relire ça, avec dix ans de plus !

Un autre extrait pour la route :

« -Amour rime avec souffrance, dit-elle finalement en baissant le regard.

-Et pourquoi ?

-Quand on est amoureux, on est toujours idiotement bercé par des dizaines d’espoirs en tout genre. Et au final, on finit toujours par être déçu. Plus on aime, plus on avait d’espérances. Des espérances qui souvent ne débouchent sur rien.

Je lève la main à la surprise de tout le monde et j’attends patiemment que la professeur remarque mon bras tendu en l’air. Elle hoche la tête, signe qu’elle me laisse la parole.

-J’ai une question pour Leona.

-Vas-y, Lucas.

Zorah me regarde avec inquiétude et appréhension. Je lui souris pour la rassurer.

-Et pourquoi tous les espoirs seraient voués à la désillusion ? Même en dehors de l’amour, on a souvent des attentes qui n’aboutissent pas. Ce n’est pas que l’amour en particulier. Il faut juste…rencontrer La personne.

-Oui, sûrement, mais si nous la rencontrons, la vie est belle, et c’est tellement beau que tout finit toujours par s’effondrer. C’est un cercle vicieux.

Tout le monde à l’air suspendu à nos lèvres, comme si les débats sur l’amour étaient maintenant à la mode. Mais pour moi, je suis seul avec Zorah. C’est comme si nous étions tous les deux, rien que nous deux. Les autres n’existent plus, je veux juste approfondir ce sujet avec elle, et peut-être même la convaincre que l’amour n’est pas qu’une profonde source de déception. Je ne vais pas me mettre à critiquer l’amour alors que je ne le connais pas, je suis très mal placé pour faire le grand blessé du cœur.

-Pour aimer il faut être deux, non ? argumentais-je. Quand deux personnes s’aiment vraiment, les déceptions ne doivent pas être si nombreuses. Ceux qui pensent le contraire sont sûrement tombés sur des personnes qui n’étaient pas vraiment faites pour eux et qui ne les aimaient pas vraiment. L’amour, ça ne te tombe pas dessus comme ça, c’est aussi un choix. Laisser sa chance à quelqu’un, tu peux le faire, mais tu peux aussi lui retirer. Tu ne peux pas décider de tes sentiments, mais tu peux décider de ce que tu vas en faire. Tout dépend de toi, c’est toi qui gère et qui doit faire les bons choix pour éviter les déceptions. »

Comme on peut le constater, j’étais obsédée par l’amour ! Je livrais par les mots ce que m’inspirait ce concept de l’amour dont nous inondaient les livres, les films, les magazines féminins… Je ne l’avais pas encore connu, et j’étais pourtant capable d’en faire un bouquin ! Quand je relis ces lignes, j’y vois les mots de la petite-fille que j’étais, ses rêves, ses espoirs, ses peurs, et je m’y retrouve encore. J’aimerais lui prendre la main, et lui dire qu’elle n’a pas si tort que cela. Dix ans déjà ont passé… Et la petite-fille a bien grandi !

Et vous, quel est le premier roman que vous avez lu ou écrit ?

Manon Grelha

Crédit photo : Centerblog

4 réflexions au sujet de « Mon premier roman, écrit entre deux cours de français »

  1. Là aussi je réécris parce que forcément, faire une fois l’erreur ça craint mais la faire deux fois c’est encore plus amusant ! x)

    Donc je te disais (mais là non plus t’es pas obligée de lire jusqu’au bout parce que fatalement je vais répéter xD) : mon premier roman je l’ai fini l’année dernière. Je crois. Je sais plus trop en fait. Quoi qu’il en soit les maisons d’éditions sur les sites desquelles je suis allée avaient fermées les envois (c’était un signe) et sur Mon Best Seller il fallait mettre ses vraies coordonnées ce qui est embêtant quand on a un blog sous pseudonymat et qu’on veut faire lire ses œuvres fabuleuses (forcément fabuleuses !) à ses lecteurs ^^’ Avant ça j’avais pondu un « truc » intermédiaire entre les incipit et débuts de trucs, les machins et les choses, les scènes solitaires etc. Un truc sans véritable histoire, ce que m’avait fait remarquer la maison d’édition que j’avais contacté (en plus des invraissemblances comme une dague qui transperce le crâne des méchants sans qu’il n’y ait d’explications sur une éventuelle force surhumaine de l’héroïne (ce qui est embêtant)).

    Voilà, j’ai répété ! 😀
    T’es contente, hein ? 😉

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